Viva Italia !!!

 

Lorsque nous posons pied sur le perron de la gare de Domodossola, c’est un pas de plus dans notre aventure, mais un pas chargé de sens puisque nous laissons derrière nous nos racines, notre famille et nos amis. Excitation et émotion nous mènent doucement vers les rives du Lac Majeur où nous nous reposerons quelques jours afin que les douleurs au genou d’Anaïs se calment. Enfin le soleil ! Au programme, farniente et petits plats : mon premier risotto, vino bianco è pomodori secchi sur la dinette, expressi et glaces au citron. Miam !!!

Frais et dispos, nous nous dirigeons vers Pavia et ses églises romanes en deux longues étapes de 65km et 82km, alors qu’il était prévu d’en faire plutôt 40 au début… Le dénivelé est nul mais il faut tout de même mouvoir environ 190kg pour moi et 120kg pour Anaïs, tout compris. Nous avons un peu présumé de nos forces et c’est les jambes en feu et les fesses en compote (que de pavés à Pavie…) que l’on se pose à l’Ostello Santa Maria in Betlem. Lors de la réservation, j’avais répondu par l’affirmative lorsqu’il m’avait été demandé si nous étions des pèlerins-pellegrini… Dans un sens large, ne le sommes-nous pas ? C’est lors de l’accueil à l’Ostello que tout prend sens: vœux de bienvenue par le curé de la paroisse, sœurs maniant la panosse dans les chambres et tous les hôtes avec des bâtons de marche et en route pour Rome ! On fait un peu tache mais on appelle le curé “mon père” pour faire bonne figure… La nuit, nu comme un ver en direction des toilettes communes, j’en ai peur pour mon karma !!!

Après deux nuits de repos dans un vrai lit, départ pour Viguzollo où l’ on a repéré via le GPS un endroit où l’on pourrait camper… Que nenni ! C’est plutôt un vaste parking et quelques mètres carrés de gazon où les gens du coin viennent faire pisser leurs chiens. Après une petite séance de bichonnage pour nos montures, nous nous posons sur un banc pour lire un peu, décidés à rester sur place pour une nuit “à l’arrache” à la belle étoile. Passe alors William, qui habite trente mètres plus loin, et son chien géant Artu, un mastiff anglais. Il nous propose d’abord un petit café, puis de nous abriter dans son garage pour la nuit car de la pluie est annoncée. On finira par veiller bien tard avec lui et sa femme Marilena à discuter et améliorer un tant soit peu notre italien, puis à dormir bien à l’abri dans une maisonnette attenante. On est comme des coqs en pâte et c’est la larme à l’œil qu’on les quitte, les sacoches chargées de confitures, antipasti et sauce tomate “face in casa”. Quel accueil !!!

Départ pour deux étapes d’ascension avant de redescendre vers la côte. La 2ème nous inquiète un peu : une quarantaine de kilomètres, mais un premier vrai dénivelé pour atteindre le Passo de Cella à 848m. C’est un pic impressionnant sur le profil d’altitude du GPS !!! D’entente commune on se laisse le choix de s’arrêter pour une nuit au milieu de la montée si besoin est. Fiers comme des coqs, mais en sueur, nous admirons “par dessus” les collines environnantes quelques heures plus tard. Portés par cet élan, nous décidons d’enchaîner de suite avec l’étape de 45km prévue pour le lendemain afin de rejoindre la mer, qui se cache, là-bas…

Avec presque 90km dans les jambes, nous plantons notre tente de nuit et au marteau dans la caillasse au camping Smeraldo surplombant la baie de Moneglia. Dix ans auparavant, Anaïs avait repéré ce camping accroché à la falaise mais n’avait jamais pu le retrouver sur une carte. Quel coïncidence ! Un risotto aux bolets à la lampe frontale et au lit.

Nous abandonnons nos vélos quelques jours pour une mise en abyme de vacances dans les Cinque Terre. Après cela, nous aurons le plaisir de rejoindre Sebastiano et sa famille près de Livorno, youpie !!! Deuxième mise en abyme, puisque Sebastiano est à l’origine du goût du voyage de Gilles (Vietnam – 1996).

À bientôt !