Tours et détours

Ankaran, côte adriatique, camping Adria. Nous plantons notre tente au milieu du quartier slovène, sous les regards intrigués et méfiants de nos voisins. On fait un peu cheveux dans la soupe pour ces habitués avec emplacement à l’année… Gilles gratifie le dernier voisin arrivé pour le week-end d’un “buongiorno” amical mais celui-ci reste muet et retourne à ses moutons. Allons-nous finir en Ćevapčići ??? Que nenni !!! Dans la soirée, sa femme Bojana (lui se nomme Ivan) nous invite pour un café qui finira par une longue soirée de dégustation de schnaps maison (myrtille, groseille, citron et surtout Kumina). Le lendemain matin, la tête à peine sortie de la tente, Bojana nous fait prendre place à sa table pour un petit déjeuner complet. Comme on est gâtés ! C’est là un autre aspect, au-delà des paysages alpins, qui nous rapproche de nos cousins slovènes : une fois la glace brisée, les rapports sont presque familiaux mais surtout vrais. Ivan et Bojana nous en feront encore la preuve lors de notre arrivée à Ljubljana en nous invitant avec leurs deux filles Petra et Irina ainsi que leur beau-fils Boris, pour une soirée de dégustation de plats traditionnels au restaurant. Ces moments partagés, presque en famille, nous mettent du baume au cœur. Merci encore à eux pour toutes ces attentions. Najlepša hvala !!!

Notre plan initial était de rejoindre la côte croate en passant par Ljubljana mais nous nous laissons porter par le voyage et par les conseils des personnes qui croisent notre chemin. Ainsi nous rejoignons Pula en longeant la côte ouest de l’Istrie, sur les conseils d’Ivan. De retour en Slovénie, c’est Rokk, qui après nous avoir  invités à camper dans son jardin pour nous éviter une nuitée parmi les ours (on apprend à la dernière minute, avant de nous poser pour un camping sauvage, qu’il y en a parfois dans la région) et avoir réparé nos vélos (il a chez lui une véritable caverne d’Ali Baba d’outillage pour cyclistes), nous incitera à faire un crochet dans le nord-ouest du pays plutôt que de rejoindre Ljubljana. Bienheureux nous sommes puisque ce sont des paysages à ne pas rater.

Cap au nord et vers les Alpes juliennes donc !!! Et comme nous allons dans les montagnes, autant les déguster jusqu’à la lie. On se décide pour un itinéraire empruntant le col le plus haut du pays, le Vršič qui culmine à 1611m. Une montée de 9km à une moyenne de 10% qui nous fera mal aux jambes, surtout dans les dernières courbes à 14% !!! Mais une fois celui-ci vaincu (youhouuuu), nous aurons amplement le temps de récupérer puisqu’il nous faudra patienter 3 heures au sommet, la route vers Kranskja Gora étant fermée pour une course cycliste… L’occasion de quelques parties de Putz parmi les moutons !

En passant par Bled et son lac ultra-touristique (fait compensé par le dessert local, une sorte de mille-feuilles géant, le kremšnita – et non Tausendblätter, hein Jean-Marc 😉 ), nous rejoignons Ljubljana pour plusieurs jours consacrés à la lessive, à la réparation des vélos, au Mundial et à l’écriture du présent billet. Tout cela sous une pluie quasi-constante et de violents orages (pour le plus grand plaisir d’Anaïs…). On prend cela avec le sourire puisque nous avons été chanceux avec la météo jusqu’ici…

On va aller voir sur la côte croate si le temps est plus clément.

A tantôt