Changement d’air

 

Après la Croatie et ses nuées de touristes juilletistes, nous entrons dans les terres monténégrines pour un peu plus de calme et de fraîcheur. Le Monténégro (ou Crna Gora) c’est :

  • quand après un kilomètre de dénivelé en lacets serrés tu peux admirer la baie de Kotor et les montagnes s’y jetant presque verticalement
  • quand à la sortie d’une courbe tu découvres des montagnes à perte de vue et sais que ton itinéraire t’enverras louvoyer parmi ces lieux presque inhabités
  • quand tu subis sans aucun abri un violent orage de plusieurs heures et te félicites d’avoir un casque pour te protéger de la grêle
  • quand tu t’installes juste avant la nuit dans ton hôtel 4 étoiles après avoir cherché sans succès un toit bon marché et t’être débarrassé de tes habits détrempés
  • quand tu découvres avec joie que la carte du menu de ce même hôtel propose un fondant au chocolat

  • quand tu pédales seul au monde sur un plateau montagneux avec des lumières et des teintes toujours changeants
  • quand dans la cuisine du camping tu partages tes expériences avec un melting-pot de voyageurs de tous horizons
  • quand tu repars du même camping avec un sachet rempli de chanterelles fraîches que l’on t’a généreusement offert (merci Loïc et consorts !!!)
  • quand tu t’offres une virée de touriste en taxi au canyon Tara et que tes jambes se ramollissent même en marchant au milieu du pont
  • quand tu hallucines toutes les 2 minutes en traversant les montagnes du parc national Durmitor
  • quand tu passes ton plus haut col à 1907 mètres sur cette même route
  • quand en pleine descente, tu traverses un véritable couloir aérien de butineuses
  • quand tu te sens écrasé et presque claustrophobe en longeant le lac Plužine, ses mille tunnels et ses falaises abruptes
  • quand Mitcho au Camping Tara t’offre glaces, repas et nuit simplement parce qu’il doit te penser fou d’être arrivé jusque là en vélo

Nous entrons ensuite en Bosnie et notre première nuit s’y avérera mémorable. Nous nous arrêtons dans un bar puisque le ciel est menaçant. Le coca à peine posé sur la table, l’orage gronde. Mirko, le proprio qui ne parle pas un mot d’anglais, nous dit qu’il ne nous reste que 5 kilomètres avant de rejoindre Trnovo où nous avons prévu passer la nuit. L’heure avance et l’orage ne passe pas. Au fil des “discussions”, Mirko nous apprend qu’il n’y a ni hôtel, ni chambre ni camping à Trnovo. On fait une bizarre tête. Après un clin d’œil et un sourire équivoque, il nous fait comprendre que l’on peut dormir dans son bar. Sa confiance (il nous donne les clés de l’établissement et appelle le ranger local afin que l’on ne se réveille pas au bout du canon d’un fusil), sa simplicité et sa bonté nous touchent et nous accrochent un sourire béat pour plusieurs heures. Le lendemain il nous offre même le café et un schnaps pour chauffer Gilles. On le sert dans nos bras avant de reprendre la route vers Sarajevo. Quel accueil et quelle générosité pour notre premier jour en Bosnie !!! Merci Mirko !!!

Bon becs de Sarajevo

À tantôt