Remise en forme bosniaque

 

Notre incursion en Bosnie a duré plus longtemps que prévu… Nos deux séjours pit-stop à Sarajevo (Сарајево – 4 jours) et Višegrad (Вишеград – 13 jours) nous donnent l’occasion d’une remise à neuf de nous-mêmes et de notre équipement.

Sarajevo. Notre tente et nos sur-chaussures trouvent des mains de fée pour réparer et renforcer leurs coutures. Nos vélos subissent un lifting complet dans les mains expertes du mécanicien de Cyclo-Centar. Nos habits, coussins et sacs à viande sont enfin propres après avoir été traités par des professionnelles. Les bouclettes de Gilles tombent sous les coups de ciseaux aguerris du coiffeur du quartier (tout ça pour 3 francs !). La garde-robe d’Anaïs est finalement complète après d’innombrables essayages. Nos anti-cons (voir ici) prennent forme et nous donneront rapidement un meilleur sentiment de sécurité.

Nous avons de multiples fois l’occasion de nous balader en ville et sommes à chaque fois marqués, voire choqués, par les innombrables stigmates laissés par le siège de la ville entre 1992 et 1996. Sur place, la réalité de la guerre et ses conséquences prend une dimension bien plus crue que celle diffusée à travers un poste de télévision. C’est révoltant mais nous nous refusons à fixer une échelle aux douleurs et déchirures que l’on nous relate au fil des discussions avec des personnes de tous bords. Ce ne fut qu’une sale guerre qui a finalement projeté tous les pays de l’ex-Yougoslavie des décennies en arrière. S’il y a un avis que tout le monde partage, c’est bien celui-ci.

Višegrad. On s’y arrête car Anaïs a une douleur qui persiste derrière le genou gauche. Après 2 jours de camping sur les hauts de la ville, dans la forêt, nous y prenons une chambre et c’est là que nous rencontrons Vlatko, notre bon samaritain en vacances dans sa ville natale (il vit au Havre avec sa femme Isabelle et ses garçons Alexandre et Luka). Il nous emmène à l’hôpital car nous voulons nous assurer que ce n’est qu’une bursite et non une tendinite, qui nous aurait obligés à nous arrêter de pédaler pour 1 à 3 mois !!! Le médecin sur place ausculte sans même palper le genou d’Anaïs… No comment. Finalement, la seule chose qu’ils feront correctement c’est de lui donner une nouvelle identité (Anaïs Rolummni – voir photos). Ce sera la voisine de Vlatko, une médecin efficace, qui fera le diagnostique juste avant son départ en vacances. Ouf c’est bien une bursite et nous décidons de rester sur place jusqu’à une guérison totale, quelle que soit sa durée.

Nos journées sont ponctuées de dégustation de cheesecake et de séances de cinéma à Andricgrad (une ville dans la ville imaginée par Emir Kusturica et qui servira de décor à un des ses prochains films adapté du roman “Le pont sur la Drina” de Ivo Andrić, chronique de la ville de Višegrad), de repas au restaurant (que de ćevapi !!!) et de moments passés en compagnie de notre famille adoptive. Vlatko et les siens nous gâtent : dégustations de spécialités locales (miam le kamjak, le poisson pêché le matin même par Vlatko, la viande séchée, …), apéros et même une invitation à partager une grillade mémorable avec leurs amis le jour de l’anniversaire de Gilles, le tout dans la bonne humeur et les rires. Merci à eux pour ces moments qui nous ont fait nous sentir “à la maison” et un peu moins déracinés.

En route pour la Serbie !

À tantôt