Par monts et par… monts

 

À Skopje, quelques minutes après avoir pris possession de notre appartement pour 3 nuits, c’est avec le ventre creux et les yeux ronds que nous déboulons dans un supermarché bien achalandé (il y a même du gruyère, ou plutôt de la gomme autrichienne ainsi nommée). On fait le plein de bonnes choses pour se préparer plusieurs festins maison. Que nenni !!! Nous subissons chacun à un jour d’intervalle une gastro aussi passagère que foudroyante. Adieu délicatesses, bonjour biscottes 🙁

Encore un peu flapis, nous attaquons la première des nombreuses ascensions qui nous mèneront sur la côte grecque. Celle-ci devait être une formalité mais la chaleur écrasante, le manque d’air et notre pitoyable condition nous arrêtent à 8km du sommet, dans le seul coin d’ombre aux alentours. Un ranger nous rejoint, et après quelques bavardages, insiste pour nous inviter à souper chez lui. Il aimerait en fait caser sa fille avec n’importe quel suisse que l’on aurait sous la main. Nous essayons sans succès de lui faire comprendre que les mariages arrangés ne sont pas vraiment une coutume dans nos contrées et refusons son invitation par peur d’autres situations incongrues ! Anaïs, très affaiblie, arrête un minibus qui l’emmènera jusqu’au sommet mais Gilles, fier comme un panda, se fera subir la fin de l’ascension avec tout son paquetage. L’accueil en héros de sa belle en valait la peine !!! A demi-esquintés, nous prenons une chambre d’hôtel un peu plus bas, à Prilep. Dans toute la ville, le moindre recoin sert à faire sécher des feuilles de tabac et cela lui donne l’aspect d’un grand village.

Nous passons la frontière de la Grèce qui sera notre pays d’accueil jusqu’à la mi-janvier. Gilles essaie tant bien que mal de se remémorer sa 3ème année secondaire afin de déchiffrer les premiers panneaux. Moult collines et montagnes plus loin, nous arrivons aux Météores, euphorisés par le spectacle hallucinant qui s’offre à nos yeux. nous passons 5 jours sur site et ne cessons d’être émerveillés par ces pics polis par les âges et les nids d’aigles perchés à leur sommet, bâtis par des moines ascètes n’ayant vraisemblablement pas le vertige. Même nos plus belles photos ne peuvent rendre honneur à ces incroyables constructions que l’homme et la nature ont décidé de poser là.

Pour rejoindre la côte et le ferry pour Corfou à Igoumenitsa, il nous faut encore traverser la chaîne du Pindus. Et bien sûr la seule voie possible passe par le col Katara qui est le plus haut de Grèce à 1680m. À mi-chemin de celui-ci, nous n’avons déjà plus d’eau. Et comme la route est plus ou moins laissée à l’abandon depuis l’ouverture de l’autoroute, les quelques fontaines au bord de la route sont à sec. Heureusement, des touristes égarés nous ravitaillent généreusement en eau et en fruits. Tant mieux car nous devons affronter des vents violents contraires en plus de la pente sur les derniers kilomètres menant au sommet.

Encore une dure journée avec des pentes oscillant entre 8% et 12% et nous atteignons le bord de mer que nous n’avions plus vu depuis la Croatie ! Nous embarquons sur le ferry pour Corfou. Avant que Laurent et Barbara nous rejoignent, nous profitons de notre petit festival de l’été à Paleo-kastritsa. Camping, aboiements de chiens en guise de bamboulés, et reprises alambiquées provenant de la terrasse du restaurant voisin comme musique. Vivement les vacances avec les fribourgeois et des ouzos glacés au bord de la piscine !!!

À tantôt