Hakonya matata

 

Sédentarisés de force à Konya depuis le 12 février, nous faisons nôtre la devise swahilie “hakuna matata” pour vivre cette période sans trop de frustrations. Et quel meilleur endroit que la capitale turque de la bicyclette pour positiver les aléas-rticulatoires qui entravent notre périple. Nos diverses occupations ont transformé cette pause “santé” en une agréable étape. Celle-ci nous a aussi évité des journées de pédalage et des nuits sous la tente avec des températures parfois en-dessous de zéro (Gilles se demande d’ailleurs si ça ne serait pas une manigance de la part d’Anaïs la frileuse !!!).

Nos pérégrinations à pied ou en vélo nous ont fait découvrir tous les quartiers de la ville. Le centre, ses magnifiques mosquées (particulièrement la mosquée Azizye, d’influence baroque et ottomane), le mausolée et le musée de Mevlâna où repose Rumi, un grand guide soufi et le père spirituel de la congrégation des derviches tourneurs, le bazaar et ses milles odeurs et couleurs où Anaïs se fournit en foulards pour notre future entrée en Iran et où Gilles va chaque jour faire les courses du ménage alors qu’Anaïs est aux petits soins avec le chef de l’unité de physiothérapie de l’hôpital Medicana,  mais aussi les quartiers extérieurs qui subissent une urbanisation frénétique et voient les petites propriétés rasées et remplacées par d’immenses quartiers de HLM entrecroisés par des avenues à plusieurs voies.

Mais toutes ces balades donnent faim… Heureusement pour nous, la ville ne fourmille pas seulement de dolmuş (minibus collectifs, qu’Anaïs emprunte d’ailleurs chaque jour pour aller à l’hôpital et dont les itinéraires cryptiques resteront un mystère malgré 3 semaines de présence – Anaïs doit demander à chaque fois au chauffeur s’il s’arrête près de l’hôpital…), mais aussi de kebap salonu, de lokantası (petits restos pas chers où l’on peut souvent déguster la spécialité locale, une sorte de pizza allongée à la viande hachée appelée etli ekmek) et surtout d’une boulangerie que nous visitons quotidiennement pour nous fournir en tartelettes et sablés. Il va falloir pédaler pour perdre toutes les calories accumulées ici !!!

Ces derniers jours, nous avons eu le plaisir d’héberger d’abord Pere, un catalan en route pour la Chine auquel sont venus se greffer Clément (encore lui !) et son ami Florent qui l’a rejoint pour pédaler jusqu’en Asie, ainsi que notre compatriote David qui rejoint aussi la Chine par la Pamir Highway avant de reprendre des études de droit en octobre à Berne (en discutant avec lui, on se rend compte que son ancien chef à la Confédération est un ami proche des parents d’Anaïs et on hallucine sur la petitesse de notre planète). Tous ces cyclos, ça nous remet dans l’ambiance avant de quitter notre cocon après-demain. Le genou d’Anaïs va beaucoup mieux grâce aux séances de physiothérapie, mais aussi à ses trois séances d’exercices consciencieusement effectuées chaque jour. On se réjouit de reprendre la route, avec de petites étapes au début et du bus lorsqu’il y a trop de dénivelé et nous monterons en puissance au fur et à mesure que les sensations seront positives.

A tantôt donc et priez avec nous pour que l’on obtienne notre visa pour l’Iran (ce n’est pas encore gagné… inch’Allah)