Welcome to Iran ! What is your name ?

 

Après un stop d’une heure à la frontière turque et l’obtention de notre tampon de sortie, on remonte dans le train pour une dizaine de minutes avant la frontière iranienne. Il est 3 heures du matin quand on s’arrête à nouveau. Enfin, il est 5h30 puisque l’Iran a comme particularité d’avoir un fuseau horaire GMT + 4h30 (heure d’été) en plus d’avoir un calendrier solaire hérité des zoroastriens (le 03/04/2013 devient 14/01/1394 par exemple). On passe la douane comme des fleurs, sans aucune fouille, mais l’arrêt durera quand même plus de 4 heures… En effet la plupart des passagers sont allés passer le nouvel an perse (21 mars) en Turquie et se sont un peu lâchés dans les magasins. La fouille manuelle de cette accumulation de sacs, de valises démesurées et d’emballages abracadabrants prend donc du temps !!! On profite de la suite du voyage et de la gentillesse du couple partageant notre compartiment pour prendre une leçon de farsi et pour s’imprégner un peu de ce pays dont nous ignorons presque tout.

D’autres voyageurs nous avaient vanté la gentillesse et l’hospitalité des iraniens et notre expérience depuis notre arrivée à Tabriz jusqu’à ce jour ne les fait pas mentir. Souvent les locaux nous souhaitent la bienvenue dans le pays et s’enquièrent de notre sentiment à leur égard, de notre bien-être et nous aident s’ils le peuvent. Ainsi Farnoush, rencontré à Van, nous accueille à la gare avant de nous faire visiter la ville et de nous offrir un festin le soir venu. Mais aussi ces collaborateurs du Croissant-Rouge qui mettent à notre disposition leur salle de prière pour que nous puissions passer la nuit à l’abri avec Niko, notre collègue cyclo autrichien rencontré par hasard à Tabriz (son blog est ici). Ou encore et surtout la famille Entezami de Ahar qui nous héberge 2 jours chez eux, avec au programme dégustation de cuisine maison, séance de maquillage pour Anaïs, photos avec la famille étendue et multiples autres attentions et cadeaux. Toute cette prévenance à notre égard nous met parfois presque mal à l’aise. Mais pas le choix, ici il faut apprendre à recevoir !

Notre programme initial de se diriger vers la mer Caspienne avant de rejoindre Téhéran est malheureusement stoppé net à Ahar car le genou gauche d’Anaïs, jaloux des attentions que son jumeau de droite a reçu jusque là, se décide à faire une crise !!! Impossible de pédaler plus avant… On prend donc un bus pour Téhéran pour une consultation et sûrement quelques semaines de repos. Notre arrivée et notre installation dans cette ville démesurée est largement facilitée par l’aide de Stéphane et de sa femme Sogol dont le sens de l’hospitalité et de l’accueil sont sans commune mesure (en farsi – too par-e ghoo negaremoon dashtim – on est dans les plumes des cygnes ou comme des coqs en pâte). Sans eux nous serions probablement encore à chercher un endroit où dormir et un médecin de confiance.

Nous sommes donc à nouveau à l’arrêt mais nous gardons notre motivation pour la suite et notre cap est toujours fixé sur l’Indonésie. On s’adapte positivement à notre nouvelle situation de sédentaires citadins et nous étions hier soir sur la place Tajrish à partager au son des klaxons la liesse des iraniens après l’annonce d’un futur accord sur le programme nucléaire du pays et donc un tournant historique pour tous ceux qui souffrent de l’embargo. Pas trop mal pour une première soirée !!!

À tantôt