Interlude médical

Gilles et Anaïs à la découverte des infrastructures de santé ouzbèques (cliquez sur les icônes de la carte au bas de l’article pour plus de fun !!!)

 

Camping1. Le camping sauvage

On se réveille dans notre super spot de camping, au milieu d’un champ boisé et avec une petite rivière d’eau claire à proximité. Après avoir tout paqueté, on prend notre petit déjeuner et là je commence à avoir des douleurs dans le dos et le bas ventre. En 5 minutes, elles deviennent si fortes qu’elles me terrassent. Je finis par vomir mon petit-déjeuner, à quatre pattes dans l’herbe, sous les coups de boutoir lancinants… On se décide à parcourir un kilomètre jusqu’au village le plus proche. Là, le propriétaire du champ où l’on avait dormi se propose pour m’emmener chez le docteur car je hurle de douleur. On parcourt quelques kilomètres et ma tête vibre tellement j’ai mal. Il fait déjà au-delà de 30 degrés pour ne rien arranger… Anaïs s’arrange pendant ce temps pour stocker les vélos chez une famille du coin.

Hopital2. L’hôpital de campagne

J’arrive en boitant et en geignant dans une grande salle parsemée de lits, soutenu par mon chauffeur. Personne ne parle un mot d’anglais. On m’allonge sur une couche et on m’administre une injection de je ne sais quoi mais je n’en saurai de toute manière pas plus. Ça me soulage et c’est tout ce qui m’importe à ce moment là… Autour de moi, le médecin crache ses glaires par la fenêtre, on prend des photos et on me passe des téléphones avec des interlocuteurs baragouinant 3 mots d’anglais pour me demander si je vais bien… Mon premier sourire est pour Anaïs que je vois me rejoindre bientôt. Elle prend les choses en main car les docteurs ne m’ont pas ausculté et pensent, selon les dires de je ne sais qui, que ma douleur aux reins et au bas-ventre provient de l’eau froide du ruisseau. Elle contacte l’ambassade de Suisse, qui sera d’ailleurs une aide précieuse durant la journée, et un traducteur parle aux médecin de garde. On décide de me transférer dans un plus grand hôpital. Je suis un zombie et heureusement qu’Anaïs est là pour noter les numéros de téléphone, adresses et coordonnées GPS et gérer la logistique. Un zombie et son ange gardien !

AmbulanceUzbek3. La mini-ambulance 

Heureusement que je ne fais pas deux mètres car je toucherais les 2 bouts. On me case dans ce mini-bus déguisé en ambulance et Anaïs est à mon chevet. La route c’est un peu les montagnes russes et ça n’arrange pas mon cas… Je m’accroche au brancard pour les quelques kilomètres à parcourir.

Hopital4. L’hôpital un peu plus équipé

On me fournit un lit pendant qu’Anaïs sort à la pharmacie avec un docteur pour acheter le matériel nécessaire à ma perfusion et aux différentes injections d’anti-douleurs que je subirai durant la matinée, ainsi qu’un médicament pour la prostate dont je n’ai aucun besoin. On passe quelques heures ici, principalement à me reposer et à me faire piquer, toujours impeccablement d’ailleurs. On me fait une prise de sang pour analyses (mais sans résultats) et j’ai droit à une visite dans une cahute attenante pour des ultra-sons. En 20 secondes d’auscultation, le docteur diagnostique des calculs rénaux qui sont déjà dans ma vessie et qui, selon lui, devraient sortir au prochain pipi (ce qui ne sera pas le cas jusqu’à aujourd’hui…). Le personnel est aimable et aux petits soins, mais malheureusement pas très compétent… L’administrateur nous annonce que l’on va être transférés dans l’hôpital de Navoy, la ville la plus proche, qui possède une unité d’urologie et des médecins qui parlent anglais. Je visite une dernière fois les toilettes de l’étage qu’on m’ouvre spécialement car je suis un VIP, et ne m’étonne plus guère de ne pas y avoir d’eau courante, que ce soit pour la chasse ou pour le lavabo. En ressortant, un infirmier me tend des serviettes stériles pour m’essuyer les mains, après avoir soulevé un drap protégeant du matériel de chirurgie. Je me félicite alors de ne pas avoir eu de crise d’appendicite ici !!!

AmbulanceUzbek5. L’ambulance un peu plus grande…

… et avec climatisation. En plus, sur ce modèle là, la porte du coffre se ferme !!! Par contre, malgré le fait qu’on prenne la route principale, l’effet montagnes russes ne diminue pas…

Hopital6. L’hôpital encore plus équipé

À mon arrivée, on me dirige vers une pièce pour une nouvelle séance d’ultra-sons. Surprise, mes calculs ont disparu… Et pourtant, il me semble que je les aurais sentis passer !!! On me dirige ensuite dans l’aile spécialisée en urologie où je me repose encore. Aucun autre médecin ne me consulte mais on me demande un échantillon d’urine pour analyses, mais encore une fois sans résultats. Bon, à voir le bocal à confiture que l’on me tend, avec encore des restes d’urine du mon prédécesseur, je me dis que j’aurais pu me faire diagnostiquer n’importe quoi. Donc finalement, je suis assez content que leur conception des analyses s’arrête à la formalité de la prise d’urine !!! L’infirmier veut encore me faire une prise de sang, que je refuse et on lui soumet notre vœu de quitter l’hôpital pour aller récupérer nos vélos et rejoindre Samarcande dans la soirée. On y arrive à 23h00 après une longue et éprouvante journée.

 

En bref,  3 hôpitaux et 2 ambulances plus loin, je n’ai plus de douleurs mais je ne sais toujours pas pourquoi j’ai eu celles-ci en premier lieu. Je sais aussi qu’à mon retour en Suisse je payerai avec un peu moins de réticence ma dîme mensuelle à mon assureur maladie !!! On est actuellement à Samarcande et on suit la situation de près. On avisera au fur et à mesure mais l’ambassade de Suisse nous a fourni l’adresse d’une clinique internationale à Tashkent où l’on ira faire les examens nécessaires avant de se lancer à l’assaut des montagnes kirghizes… Cela risque d’être plus cher car la totalité des soins aujourd’hui étaient gratuits (sauf les courses faites par Anaïs lors de l’épisode “l’hôpital un peu plus équipé”)

À tantôt