Un dernier p’tit col…

 

– Bon, alors, on se le fait ?
– Ça fait quand même un mois que l’on a pas pédalé… En plus on a fumé pendant les vacances avec mes parents !
– Ouais, mais Dave et les néo-zélandais nous ont dit que la route en valait la peine.
– Y’a tout de même un col à près de 4000m… Je sais pas si ça va aller, en plus il semblerait que les derniers kilomètres soient vraiment atroces !
– Si ça va vraiment pas, on peut toujours retourner sur nos pas…
– Allez, on se le fait !!!

Nous voilà donc dans un van, en route pour Naryn, avec tout notre barda dans le coffre. Notre objectif : rejoindre le lac Issyk-Kul par les montagnes et par le col de Tosor. Plusieurs jours perdus aux milieu de rien, donc on fait les grandes courses avant le départ (riz, pâtes, nouilles minutes, légumes, miel, fruits secs, flocons d’avoine et bien sûr quelques Snickers®).

Après une bonne nuit de sommeil dans un homestay de Naryn, on se lance dans l’aventure. Les images parlent d’elles-mêmes mais ces 5 jours en altitude nous en ont mis plein les mirettes. À chaque virage, un nouveau paysage s’offre à nous et on se retrouve tout petits au milieu de cette immensité et notre horizon s’étend toujours plus loin, et plus haut, au fur et à mesure de notre progression.

En discutant avec d’autres cyclos, on avait appris qu’il y a plusieurs rivières à traverser et Gilles se réjouissait déjà de pouvoir réaliser un de ses fantasmes de voyage ! Une de celles-ci demandait de tout démonter et de tout transporter avec de l’eau jusqu’aux genoux. Mais c’était sans compter sur un kirghiz timing quasiment parfait. Alors que Gilles avait effectué une première traversée avec un des vélos, se pointent d’un côté un homme à cheval et de l’autre une jeep alors que nous ne croiserons que 6 véhicules sur toute la durée de ce périple. On charge la jeep et Anaïs n’aura même pas à se mouiller un orteil !!! Pour son plus grand bonheur, puisqu’à cette altitude, l’eau est glaciale… Le jour suivant, ce sera 5 autres traversées, mais sans démontage. Le soleil n’est plus là pour nous réchauffer et l’expérience perd un peu de son charme dans ces conditions, alors qu’on a passé les 3200m.

On arrive enfin en vue de ce fameux col qui nous fait tant peur et à voir la route et son inclinaison, on se dit qu’on va suer… Et c’est bien le cas car non seulement la pente est forte, mais la surface ne permet pas de pédaler sur une bonne partie du chemin. Il va falloir pousser sur les deux derniers kilomètres, alors qu’on approche des 4000m. Anaïs fait comme toujours preuve d’endurance et d’abnégation et c’est la vue de sa choupette devant lui qui fait avancer un Gilles qui a toutes les peines du monde à pousser son barda plus de 50 mètres à la suite sans devoir reprendre son souffle de longues minutes. Seul, il aurait probablement campé au milieu des cailloux. Heureusement que l’on voyage en amoureux !!!

Victoire ! Le compteur affiche 3950m, notre nouveau record d’altitude qui perdurera probablement jusque dans les Andes si notre voyage nous mène jusque là… On s’habille et on descend les 35km et 2300m de déclivité qui nous mènent jusqu’au lac Issyk-Kul, ceci dans les nuages, sous la neige puis la pluie qui nous fouettent le visage. On pousse encore quelques kilomètres vers notre oasis, la guesthouse Sheperd’s Way de Barskoon où l’on se repose deux jours pour récupérer et manger un peu plus diversifié !!!

On rejoint ensuite Karakol, au bout du lac, qui est notre dernière étape avant de rejoindre le Kazakhstan. L’hostel “Nice” regorge de cyclistes et on y retrouve Maxime (blog), que l’on avait croisé à Tabriz et Esfahan en Iran puis à Bishkek. On y rencontre aussi Michaël (blog), un compatriote, et Anshelm un allemand. Tous les trois prennent le même chemin que nous vers la Chine… À suivre dans le prochain article !

À tantôt