La Chine, on aime !

 

Voilà plus de 3 semaines que l’on a franchi la frontière chinoise depuis le Kazakhstan. Que de changements en pédalant 3 kilomètres à travers le no-man’s land !!! Avec toute cette activité, ces couleurs, ce goudron parfaitement lisse, ces rues propres empruntées par des scooters électriques et des vélos bariolés, ces arbres taillés et ces bâtiments parsemés d’écrans et de LED’s, on a eu l’impression de se retrouver dans un parc d’attraction, entourés d’un million de chinois curieux !!!

Depuis Khorgos à la frontière, on prend un bus-couchette pour Urumqi puis un train pour rejoindre la ville de Xi’an, dans la province du Gansu au milieu du pays. Un saut de plus de 3000km à travers le Xinjiang car nous avons eu notre dose de désert jusqu’ici (Iran, Turkménistan, Ouzbékistan). De plus, la perspective de pédaler comme des fous, avec minimum 160km par jour à parcourir des paysages secs et désolés pour ne pas dépasser la durée de notre visa (deux mois extension comprise) n’a guère d’attrait pour nous. On décide donc de concentrer nos efforts sur les provinces du Gansu, du Sichuan et du Yunnan. Après tout, comme on aime à se le répéter, on est des voyageurs avec un vélo plutôt que des cyclovoyageurs…

Voici un petit florilège de nos impressions et expériences dans cet immense pays qui nous donne déjà l’envie d’y retourner :

  • On aime l’énergie positive des chinois, le fourmillement de leurs activités, leur curiosité et leur bienveillance à notre égard malgré la barrière quasi-insurmontable de la langue (d’habitude ils continuent de nous parler même si on n’y comprend absolument rien, comme si on allait avoir une soudaine et divine révélation !!!).
  • On n’aime pas passer 30 heures dans un train dans la catégorie la plus basse (hardseat) avec un wagon qui se remplit encore un peu plus à chaque arrêt (ça devient même difficile d’aller aux toilettes en enjambant ceux qui dorment par terre dans chaque espace disponible).
  • On aime, dans ce même train, partager la vie de ces voyageurs, jouer aux cartes avec eux et discutailler 3 mots.
  • On aime manger manger manger tous ces nouveaux plats sans noms aux saveurs et couleurs variées, si possible dans les échoppes mobiles. On ne regrette pas notre régime d’Asie centrale quelque peu monotone…
  • On n’aime pas, quand on mange, les raclements de gorge et les crachats qui fusent alentour !
  • On aime re-voir les femmes actives dans tous les secteurs de la société.
  • On aime se muer en touristes standards et visiter l’armée de terre cuite à Xi’an et le parc des pandas de Chengdu.
  • On aime les belles routes de montagne, au milieu des pics recouverts de végétation.
  • On n’aime pas la folie bâtisseuse qui transforme chaque ville en alignement de tours et chaque vallée en entrelacement de routes, autoroutes (parfois même 2) et voies de chemin de fer.
  • On aime manger manger manger tous ces nouveaux plats sans noms aux saveurs et couleurs variées, que l’on pointe dans l’assiette du voisin pour commander…
  • On n’aime pas le concert perpétuel de klaxons sur les axes principaux (une aptitude qui doit surement être testée lors de l’obtention du permis de conduire au vu de la dextérité des chinois avec ce bruyant instrument)
  • On aime nos journées de pédalage qui se terminent dans une confortable chambre d’hôtel
  • Anaïs n’aime pas se faire dévorer par des insectes et finir avec plus de 60 piqûres qui la démangent.
  • Gilles n’aime pas constater au milieu des montagnes que la pièce la plus chère et la plus critique de son vélo (le moyeu arrière et boîte à vitesses Rohloff) se fend de partout.
  • Gilles aime, dans ces mêmes montagnes, rencontrer un groupe de cyclistes locaux qui nous prend sous leur aile et nous invite même pour un gargantuesque souper.
  • Gilles aime l’efficacité de Rohloff et de leur partenaire chinois NoEndPoint pour remédier à notre problème (échange gratuit, envoi de la roue défectueuse en express à Guanzhou, remontage de la roue avec un nouveau moyeu en quelques heures et renvoi en express à Chengdu). Quel soulagement !!!
  • Anaïs n’aime pas se faire piquer par un frelon au milieu de ses 60 autres piqûres et voir son pied et sa jambe gonfler.
  • On n’aime pas allonger, avec la Chine, la liste déjà étendue des pays dans lesquels on a dû visiter un hôpital (Bosnie, Turquie (2x), Iran, Ouzbékistan, Kirghizstan). On en rigole souvent avec des cyclos croisés sur la route en disant que l’on va faire un guide de voyage spécialisé.
  • On aime l’aide désintéressée que l’on reçoit à chacun de nos problèmes par des locaux qui ne comptent pas leur temps (la réceptionniste de l’hôtel de Leshan allant jusqu’à payer la consultation médicale…).
  • On n’aime pas apprendre à la dernière minute que l’administration ferme 1 semaine entière pour la fête nationale, pile aux dates où l’on avait prévu d’étendre notre visa.
  • On aime manger manger manger tous ces nouveaux plats sans noms aux saveurs et couleurs variées, sans savoir toujours ce que l’on a vraiment dans l’assiette…

On est donc à Leshan, en train de prolonger en urgence notre visa et de soigner la piqûre de frelon d’Anaïs, avant de retourner à Chengdu pour récupérer la nouvelle roue pour le vélo de Gilles. On se réjouit de reprendre la route vers les montagnes du Yunnan et de passer encore 37 jours dans ce pays contrasté où l’on se sent bien malgré nos mésaventures.

À tantôt