Hokkaidō

 

Hokkaidō, ses contrées sauvages, ses forêts à l’horizon infini, ses lacs de caldeira et ses volcans, ses spécialités culinaires, ses grands espaces, … D’autres cyclistes nous en avaient parlé et notre idée initiale était d’y faire une boucle de 1200km en 2 semaines avant de reprendre un ferry vers le centre de Honshu. Mais les semaines précédentes sur Tōhoku, à braver les basses températures et les intempéries, nous ont quelque peu refroidis… Hokkaidō est encore plus au nord, il y tombe selon les régions jusqu’à 15 mètres de neige par saison et le climat n’y est vraiment serein que depuis le mois de mai au plus tôt. On s’était dit que ça nous ferait une belle aventure mais on décide finalement d’écourter notre séjour ici, de se concentrer sur le sud-est de l’île, ce qui nous donnera en finalité plus de temps pour déguster les paysages fleuris de Tokyo à Kyoto et sur la suite de notre parcours.

Depuis Oma donc, nous nous embarquons pour une courte traversée en ferry sur le détroit de Tsugaru et allons poser nos valises, ou plutôt nos sacoches, pour 2 nuits dans un petit hôtel. Nous avons pédalé deux semaines sans pause jusqu’ici et commençons à sentir un petit peu la fatigue… Au programme du lendemain, vagabondage dans la ville de Hakodate, entre le marché aux crustacés, ses docks réaménagés et prêts à accueillir les touristes venus depuis Tokyo par la nouvelle ligne de Shinkansen (train rapide) qui vient d’être inaugurée, et ses ruelles parsemées d’édifices à l’architecture hétéroclite liée au statut de port marchand et de carrefour maritime de la ville.

On reprend des forces, puis la route. C’est en un slalom entre les volcans, plus ou moins actifs mais dont jamais nous n’apercevrons la cime, les lacs de cratères aux eaux limpides mais glaciales, la côte de la mer du Japon où nous serons témoins des rudes conditions de vie des pêcheurs vivant isolés et coincés entre les falaises fouettées par le vent et une mer froide et impitoyable, que nous rejoignons Tomakomai en moins d’une semaine. La pluie et la neige ne nous ont bien sûr pas épargnés… Mais quelle expérience de se frotter à cette nature sauvage et aux éléments, en cette saison qui voit peu de touristes visiter l’île. Heureusement pour nous, nous n’avons pas eu à faire la connaissance des ours du coin, de lointains cousins des grizzlys américains. Mais sur certaines portions de routes, peu rassurés – carrément un peu flippés – et peu envieux de faire notre entrée dans de glauques statistiques, notre regard scrutait la forêt environnante où la neige laissait peu à peu place à la verdure, à la recherche d’une tache sombre ou d’un mouvement, plutôt que la route devant nous…

À Tomakomai, nous reprenons un ferry vers Oarai, un peu au nord de Tokyo. On est presque seuls en classe « economy » et le bateau accueille un onsen. Entre bains chauds, pic-nic et sommeil, les 20 heures de traversée passeront en un éclair.

De retour chez Yoko et Atsushi, on se repose avant notre virée vers Kyoto et les îles du sud de l’archipel.

À tantôt