Chūbu

 

Pour traverser la région de Chūbu qui nous mènera à Kyoto, nous suivons les conseils avisés de Atsushi et optons pour un itinéraire à travers le montagnes, passant par le sud des Alpes japonaises, afin d’éviter les côtes parsemées de villes, de ports et de zones industrielles. Pour ce qui est des routes en elles-mêmes, on les choisira en se référant à notre bible, comme on l’a fait, à notre plus grande satisfaction, pour Hokkaidō et Tōhoku. Une bible nommée “Touring Mapple”, édition toute fraîche de 2016, un livret de cartes détaillées où sont recensés non seulement les onsens, les temples, les konbinis et autres points d’intérêt, mais aussi les belles routes qui lézardent le pays. Bien qu’éditée pour les motards, on ne peut que conseiller cette parution à tous les cyclos qui voudraient découvrir le Japon.

Le 1er mai, nous quittons notre “home sweet home” de Takasaki et nos hôtes bienveillants Yoko et Atsushi que nous espérons revoir un jour, pour se lancer à l’assaut des montagnes. Que nenni !!! Après 30 kilomètres et un énième oubli de remonter sa béquille après une pause, Gilles remarque que la patte arrière gauche de son cadre est fendue sur plus de la moitié du tube. Horreur ! Retour en urgence à Takasaki où Atsushi notre ange gardien fera à nouveau des miracles (il était déjà venu chercher Anaïs et son vélo à 150km de chez lui, lors de notre rentrée depuis Hokkaidō, alors qu’elle ne pouvait plus pédaler du tout à cause d’un bouton très très mal placé…). En pleine “golden week”, lorsque la majorité des japonais prend des vacances, il réussit à dégoter un artisan qui fera un travail d’orfèvre pour un prix “spécial voyageur” défiant toute concurrence. Un immense merci à Osamu Fukuda de Raizin Works dont vous pouvez admirer une des créations ici !!! Et un immense merci à Atsushi sans qui cet aléa nous aurait fait prendre un retard conséquent !!!

Le 5 mai finalement, dernières étreintes et nouveaux adieux. À moins que l’effet magnétique de cet endroit où nous avons passé de si bons moments en compagnie de nos parents japonais ne se fasse ressentir pour une cinquième fois ! Lors de cette semaine vers Kyoto, on aura droit à un panaché de logements allants de 0 à 5 étoiles. Dans l’ordre :

  • le camping à l’arrache derrière un onsen, sous la pluie, avec un maximum d’humidité et des panneaux avertissant de la présence d’ours méchants à moins de 50m. Autant dire qu’Anaïs a eu ses rêves peuplés de Teddy Bears !
  • la chambre d’hôtel pour adultes, dans une zone commerciale rincée par des torrents de pluie, où l’on trouve, outre les poils et cheveux dûs à un nettoyage négligeant : un distributeur de godemichés, un bandit manchot, une console son-lumière pour tous types de situations, et une télé dans la salle de bain pour mater soit de souples japonaises floutées, soit de souples sumos dans des corps à corps tout aussi suggestifs…
  • le camping sauvage sur le parking d’une aire de repos juste avant la tombée de la nuit. Heureusement que les spaghettis carbonara sont là pour nous réchauffer !
  • le camping dans la cour d’une école enfantine où la seule maîtresse présente traduit quelques phrases sur un bout de billet pour nous souhaiter la bienvenue, et nous offre des Mozartkugeln pour faire remonter notre taux de glycémie. Alors qu’on allait se “doucher” au robinet, Anaïs repère le onsen du village juste de l’autre côté de la place. Que du bonheur !
  • l’auberge de jeunesse de Takayama, installée dans un ancien temple en surplomb de la ville et au milieu de dizaines d’autres sanctuaires et cimetières à flanc de colline. Un cyclo japonais au vélo barriolé nous couvre de cadeaux (portes-bonheur, biscuits et choux à la crème) et on s’y cuisine de délicieux spaghettis carbonara sous le bonshō (un ultime merci à Atsushi et Yoko pour le délicieux lard fumé)
  • la maison traditionnelle restaurée avec goût au centre de Kyoto. Matelas confortable et duvets si doux et voluptueux qu’il est impossible de ne pas faire la grasse matinée. Cuisine tout équipée pour se concocter de bons petits plats. Et café-galerie-boutique dans le même bâtiment pour lancer la journée. Merci les amis (Salomé, Barbara, Laure, Beni, Laurent et Patrick) pour ce beau cadeau et ce séjour kyotoïte. Là, tout ne fût qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.

La météo aussi sera de 0 à 5 étoiles… Un ciel presque immaculé pour notre première journée et la magnifique route de Takayama à Gujō, mais des nuages et/ou des trombes d’eau qui nous empêcheront d’admirer les Alpes japonaises lors de nos deux ascensions aux alentours de Matsumoto et de profiter des berges et de la vue autour du lac Biwa. Le beau temps, nous ne le retrouverons que depuis Kyoto. Mais ça, ce sera pour notre prochain billet…

À tantôt