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Wonderful Issyk-Kul

 

Après plus d’un mois de silence blogo, la capsule spatio-temporelle hop-hop-hop reprend enfin contact avec son monde. Mais alors, pour nous aussi c’est les vacances !!! Après avoir quitté notre cyclo-compatriote Dave à Kochkor, nous sommes allés pédaler quelques jours aux alentours du lac sacré des Kirghizes, le lac Issyk-Kul, un des plus vieux au monde. De courtes étapes, camping et baignades, puis un séjour prolongé à Barskoon à la guesthouse Sheperd’s Way, d’où l’on a eu du mal à décoller. Un havre de paix et de confort, entre lac et montagnes, où l’on a profité de l’excellente cuisine de Gulmira et de son équipe et passé nos journées dans la yourte avec son fils Tychtyk et un ami de la famille, Patrick, un canadien installé dans l’Oregon, cycliste lui-aussi à ses heures et conteur hors-pair. On s’est délectés pendant 4 jours de ses récits de voyage, de ses anecdotes et de sa connaissance approfondie du Kirghizstan où il a travaillé durant des années dans des projets de développement et dans le micro-crédit, nous laissant comme deux enfants, au bord de la cheminée, suspendus aux lèvres de leur aïeul. Une belle rencontre !

♫ La montagne est tellement jolie ♫

 

Avant de quitter l’Ouzbékistan et ses chaleurs écrasantes, on s’arrête au bazar de la ville frontière d’Uchkurgan pour acheter un accessoire pour le vélo d’Anaïs que l’on zieute avec envie depuis notre entrée dans le pays : un klaxon à piston d’un rouge flamboyant prêt à faire péter les tympans des automobilistes peu précautionneux (bon, on ne l’a toujours pas monté mais c’est sur notre to-do list pour Bishkek – on publiera une photo c’est promis).

En route donc pour le Kirgizstan. Et pour le passage de frontière le plus facile depuis le début : aucune question, aucun contrôle mais juste un tampon et un « welcome to Kirgizstan ». Ça change des innombrables contrôles passeports et formulaires turkmènes… On se réjouit de prendre un peu de hauteur et de retrouver un peu de fraîcheur. On grimpe vers Arslanbob, un village de montagne flanqué au fond d’une vallée et entouré d’une immense forêt de noyers. Via le bureau du CBT local (un concept de tourisme intégré à la population de la région), nous sommes hébergés et nourris dans une famille sur les hauteurs du village. C’est presque une résurrection de prendre le thé sur leur terrasse panoramique à admirer rochers, forêts et rivières. On a une impression de déjà-vu et ce n’est pas pour rien que l’on appelle le Kirghizstan la Suisse de l’Asie Centrale. Durant notre séjour ici, nous rencontrons Stephen, un cyclo anglais sur les routes du monde depuis cinq ans et demi et profitons de son humble expérience tout au long de nos discussions (son blog ici).

Bukhara, Samarkand et la route de la soif

 

Voilà déjà un mois que l’on a passé la frontière ouzbèke et que l’on ne vous a pas donné de nouvelles, si ce n’est pour vous faire des frayeurs. A ce propos, après un passage à la Clinique Internationale de Tashkent, on est rassurés de savoir que Gilles est en pleine forme et qu’il a seulement souffert de coliques néphrétiques dues à la déshydratation.

Pour nous remettre de notre chevauchée turkmène, nous avions prévu 3-4 jours à Bukhara. Mais l’arrivée de notre ami cyclo autrichien Niko, le déroulement du festival de la soie et des épices ainsi qu’une bonne dose de paresse et d’hédonisme ont contrecarré nos plans. Ça sera donc 8 jours de grasses matinées, de succulents petits-déjeuners, de séances de massages au hammam, d’apéros et de soirées tardives à boire de la bière et fumer la shisha. Sans oublier les siestes à toute heure à cause de la chaleur.

A propos de chaleur, c’est avec les paysages plats et monotones (à l’exception du col Kamchik qui mène à la vallée de Ferghana), le deuxième aspect le plus “remarquable” de nos onze jours de pédalage dans ce pays. Sur ces routes ouzbèkes, un véritable patchwork de revêtements différents, de nids de poule et de fissures, de loin les pires de notre périple, nous grillons tels des cervelas sous des températures avoisinant parfois les 45°C ! Dans ces moments là, nos seuls motivateurs sont les encouragements, les signes de main et les sourires des ouzbèques, et l’espoir de trouver le soir venu un filet d’eau pour se décrasser de la couche de sel et de crème solaire qui nous enveloppe. Heureusement pour nous le peuple ouzbek est très hospitalier et nous serons maintes fois hébergés, nourris et choyés.