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Carnet de route turc

 

Turquie, du 6 au 23 mars 2015 :

Jour 1 | Konya – Karadona | 61 km | Ciel bleu
On retrouve nos montures avec joie pour notre première étape sur le plateau anatolien. On plante notre tente à distance de la route principale, dans un champ, avec l’accord de son propriétaire Mehmet. Quelles étendues ! L’horizon est bien lointain et on a l’impression d’être au bout du monde. Le white spirit acheté à Konya n’en est vraisemblablement pas et notre réchaud ne s’allume pas… Et on n’a rien d’autre que du riz car on a voulu alléger au maximum les sacoches de nourriture sur le vélo d’Anaïs. Heureusement Mehmet nous invite chez lui pour partager son souper. Miam les feuilles de chou farcies, le fromage et la pâte de cacahuètes sucrée.

Jour 2 | Karadona – Sultanhanı | 58 km | Ciel bleu
Un deuxième jour à plat avec halte pour admirer un caravansérail et remplacement du white spirit par de la bonne vieille essence sans plomb. On se pose pour la nuit sur un petit bout de gazon adjacent au restaurant d’une station-service. Çay (thé) à volonté mais difficile de fermer l’œil avec les vrombissements des poids lourds (il va falloir penser à s’acheter des boules quiès…)

Jour 3 | Sultanhanı – Aksaray | 39 km | Ciel bleu
C’est quasiment ennuyeux tellement c’est plat. Heureusement, l’étape est courte et on croise Pierre et Julia, deux grenoblois qui rallient leur maison depuis la Cappadoce. Au milieu des 4 voies, on taille une énorme bavette entrecoupée par le bruit des moteurs. Ils nous donnent des nouvelles des cyclos qu’on avait hébergés une semaine plus tôt à Konya, ayant partagé une nuit avec eux dans une grotte. 30 minutes plus tard deux australiennes en route pour l’Ecosse depuis déjà 2 ans nous mettent l’eau à la bouche en nous racontant leurs aventures iraniennes et kirghizes. À Aksaray, Turgay que l’on a contacté par le site warmshowers.org, nous accueille comme des rois dans son immense appartement. Au programme de la soirée, cuisine maison, parties de ping-pong au salon, narguilé arôme pomme et initiation au tavla (backgammon turc) dans un çay salonu (salon de thé). Celle-ci se termine en apothéose car nous recevons nos codes d’autorisation pour l’obtention du visa iranien !!!

Hakonya matata

 

Sédentarisés de force à Konya depuis le 12 février, nous faisons nôtre la devise swahilie “hakuna matata” pour vivre cette période sans trop de frustrations. Et quel meilleur endroit que la capitale turque de la bicyclette pour positiver les aléas-rticulatoires qui entravent notre périple. Nos diverses occupations ont transformé cette pause “santé” en une agréable étape. Celle-ci nous a aussi évité des journées de pédalage et des nuits sous la tente avec des températures parfois en-dessous de zéro (Gilles se demande d’ailleurs si ça ne serait pas une manigance de la part d’Anaïs la frileuse !!!).

Nos pérégrinations à pied ou en vélo nous ont fait découvrir tous les quartiers de la ville. Le centre, ses magnifiques mosquées (particulièrement la mosquée Azizye, d’influence baroque et ottomane), le mausolée et le musée de Mevlâna où repose Rumi, un grand guide soufi et le père spirituel de la congrégation des derviches tourneurs, le bazaar et ses milles odeurs et couleurs où Anaïs se fournit en foulards pour notre future entrée en Iran et où Gilles va chaque jour faire les courses du ménage alors qu’Anaïs est aux petits soins avec le chef de l’unité de physiothérapie de l’hôpital Medicana,  mais aussi les quartiers extérieurs qui subissent une urbanisation frénétique et voient les petites propriétés rasées et remplacées par d’immenses quartiers de HLM entrecroisés par des avenues à plusieurs voies.

Pause chez les derviches tourneurs

Les 16 kilomètres séparant Pamukkale de la gare routière de Denizli ont suffi à nous faire réaliser la dure vérité. Le genou d’Anaïs, malgré une immobilisation quasi-totale pendant 10 jours, ne va pas beaucoup mieux. On prend tout de même le bus pour la ville de Konya où l’on arrive à 3h30 du matin, sous la neige. Une situation à broyer du noir !!! On se décide à rallier une nouvelle fois un hôpital, avec la ferme volonté de savoir exactement ce qui se passe. Anaïs pense d’ailleurs à créer un jour un guide touristique orienté spécialement sur le médical, au vu de son expérience étendue…

7 heures plus tard, après une consultation, un IRM et une séance de physiothérapie, elle rejoint Gilles qui somnole dans l’entrée des urgences. Diagnostic : lésion du ménisque interne. À l’agenda pour les prochaines 3 semaines au minimum : séance quotidienne de physiothérapie à l’hôpital et exercices pour renforcer la musculature des genoux et des chevilles.

Nous n’avions prévu qu’une journée ici à Konya et n’étions pas sûrs de pouvoir aller contempler la danse hypnotique des derviches tourneurs. Là, on a le temps de voir venir… On loue un appartement près du mausolée de Mevlana qui abrite la tombe de Rumi, un mystique et saint du soufisme, et qui fait de Konya la deuxième destination touristique de Turquie après Istanbul. La ville abrite un important patrimoine culturel et architectural que l’on se réjouit de découvrir, au fur et à mesure de l’amélioration de l’état d’Anaïs.

On vous donnera des nouvelles !

À tantôt