♫ Para bailar la Pampa ♫

 

Nous appréhendions un peu les 500 kilomètres dans la pampa argentine avant de retourner au Chili à Puerto Natales. Les vents violents de cette partie de la Patagonie n’y sont pas pour rien… Finalement nous n’en avons fait que la moitié car la doctoresse de l’hôpital de El Calafate, après lui avoir prescrit des antibiotiques, a interdit tout pédalage à Anaïs pour une semaine à cause d’une infection de la peau. Un mal pour un bien car nous avons pu éviter, bien installés dans un bus,  les 280 kilomètres menant à Puerto Natales dont une bonne partie avec un fort vent de face ! Tous nos collègues cyclistes, sans exception, ont souffert sur cet itinéraire où la vitesse moyenne est en-dessous de 10 km/h même en appuyant sur les pédales. Merci madame la doctoresse !!!

Carretera Austral – The End

 

16 novembre | Puerto Rio Tranquilo – Quelque part sur les rives du Rio Baker | 75km
Nous longeons les rives du Lago General Carrera (son nom chilien) / Lago Buenos Aires (son nom argentin), qui est le deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud après le lac Titicaca. Son bleu azur tranche avec les montagnes abruptes qui s’élèvent de sa rive sud et la beauté du paysage adoucit les innombrables ascensions de cette route côtière. Puis nous nous dirigeons vers Puerto Bertrand qu’un chilien nous a décrit comme ‘’le village des étrangers’’ ou de riches européens viendraient se poser en hydravion sur le lac du même nom. Nous nous voyons déjà déguster un cappuccino et une tarte au citron sur une petite terrasse au bord de l’eau… Mais notre conseiller a dû probablement voir trop de films. Ou est d’origine marseillaise. Point d’hydravions, point de terrasses, point de cappuccinos. Nous débarquons dans un village fantôme où nous avons de la peine à faire nos courses pour le lendemain. Point de pain non plus par ici… Nous faisons encore quelques kilomètres et campons au bord du Rio Baker, aux eaux cristallines mais glacées, ce qui ne nous empêchera pas de nous y doucher avant de se réchauffer au bord du feu.

On a les yeux qui piquent…

 

…tellement cette portion de route entre La Junta et Puerto Rio Tranquilo est magnifique. C’est un spectacle renouvelé à chaque virage et on a l’impression que glaciers, montagnes et pics enneigés sont à portée de main tellement tout est proche de la route qui sillonne entre les parcs nationaux. Et l’on ne monte qu’une seule fois au-dessus de 1000 mètres… On continue notre jeu du chat et de la souris avec la météo mais notre marge confortable nous permet d’attendre bien à l’abri et au chaud quand le ciel se déchaîne. Pourvu que ça dure ! Car jusque là nous avons pu apprécier cette partie de la Patagonie en entier et nous n’aurions voulu en rater aucune miette, à posteriori.

Chaque kilomètre que l’on parcourt, on en est de plus en plus conscients, nous rapproche de la fin de l’aventure. Mais certains symptômes troublants nous font nous dire qu’on voyage à vélo depuis trop longtemps et qu’il est enfin temps de rentrer à la maison :