Cap sur la Patagonie

 

Le spectacle continue après le passage de la frontière… De retour au Chili, on traverse un plateau montagneux où toute la végétation a été brulée par les cendres de l’éruption du volcan Cordón Caulle en 2011. Partout où l’on regarde, le sol est gris mais la nature commence à renaître et à donner des petites touches de vert à ce tableau bien sombre mais fascinant fait d’arbres nus aux reflets argentés alignés à l’infini et de lagunes aux eaux cristallines.

On zigzague ensuite dans la région des lacs qui nous rappelle souvent les paysages de notre belle Suisse, si ce n’est qu’il y a toujours la pointe blanche d’un volcan à l’horizon pour nous remettre les idées en place ! Le long du lac Rupanco, on a même droit à la vue simultanée de 4 d’entre eux (Puyehue, Puntiagudo, Osorno et Calbuco). Grandiose ! Plus loin, autour du lac Llanquihue, c’est dans un décor de cartes postales que nous longeons les rives, au milieu de villages bicolets où les noms aux consonances germaniques sont légions car c’est ici que nombre d’émigrés allemands se sont installés au milieu du 19ème siècle, dans un effort de colonisation du sud du pays par les autorités chiliennes.

La route des 7 lacs

 

On passe sur le versant est de la Cordillère des Andes et en Argentine pour un petit détour sur la route des 7 lacs qui mène de San Martin de los Andes à Villa la Angostura. On joue au chat et à la souris avec la météo car on a peu envie de traverser cette sublime région dans les nuages. Ce qui nous oblige à rester 2 nuits à Junin de los Andes et nous oblige aussi à aller manger un bife de lomo dans le meilleur restaurant de la ville. Puis, pendant 3 jours, nous serons  victimes de San Martin de los Andes, de ses bons restaurants, de ses boulangeries-pâtisseries dont il est nécessaire de comparer les produits, et de la chambre confortable de la pension La Fontaine…

En selle, les gloutons !

 

Un mois jour pour jour depuis notre dernier coup de pédales à Kuala Lumpur, et après s’être habillés d’une confortable nappe graisseuse pour parer aux températures patagones, nous troquons à nouveau notre douillette vie de sédentaires pour celle des dévoreurs de bitume ou autres revêtements. Nous devons réhabituer nos fesses au moelleux tout relatif de nos selles, ce qui ne va pas sans quelques grimaces en fin de journée… Nos cuisses et mollets aussi sont à rude épreuve car tant sur les rivages du Pacifique qu’au travers des forêts de la Cordillère de la Côte, cela fait longtemps qu’ils n’ont pas eu à subir des pentes si nombreuses et abruptes. Et ceci littéralement, puisque le verbe « subir », en espagnol, signifie monter ou gravir. À croire que ça nous est directement destinés ! Donc on subit, on subit, mais les paysages qui défilent devant nous compensent largement ces quelques considérations bassement mécaniques… Particulièrement lorsqu’au détour d’une colline, nos regards ébahis peuvent embrasser à l’infini un défilé de rondeurs tout en nuances de verts et du jaune des colzas, avec en arrière-plan la Cordillère des Andes qui se devine par ses volcans pointés de blanc.