Carretera Austral – The End

 

16 novembre | Puerto Rio Tranquilo – Quelque part sur les rives du Rio Baker | 75km
Nous longeons les rives du Lago General Carrera (son nom chilien) / Lago Buenos Aires (son nom argentin), qui est le deuxième plus grand lac d’Amérique du Sud après le lac Titicaca. Son bleu azur tranche avec les montagnes abruptes qui s’élèvent de sa rive sud et la beauté du paysage adoucit les innombrables ascensions de cette route côtière. Puis nous nous dirigeons vers Puerto Bertrand qu’un chilien nous a décrit comme ‘’le village des étrangers’’ ou de riches européens viendraient se poser en hydravion sur le lac du même nom. Nous nous voyons déjà déguster un cappuccino et une tarte au citron sur une petite terrasse au bord de l’eau… Mais notre conseiller a dû probablement voir trop de films. Ou est d’origine marseillaise. Point d’hydravions, point de terrasses, point de cappuccinos. Nous débarquons dans un village fantôme où nous avons de la peine à faire nos courses pour le lendemain. Point de pain non plus par ici… Nous faisons encore quelques kilomètres et campons au bord du Rio Baker, aux eaux cristallines mais glacées, ce qui ne nous empêchera pas de nous y doucher avant de se réchauffer au bord du feu.

On a les yeux qui piquent…

 

…tellement cette portion de route entre La Junta et Puerto Rio Tranquilo est magnifique. C’est un spectacle renouvelé à chaque virage et on a l’impression que glaciers, montagnes et pics enneigés sont à portée de main tellement tout est proche de la route qui sillonne entre les parcs nationaux. Et l’on ne monte qu’une seule fois au-dessus de 1000 mètres… On continue notre jeu du chat et de la souris avec la météo mais notre marge confortable nous permet d’attendre bien à l’abri et au chaud quand le ciel se déchaîne. Pourvu que ça dure ! Car jusque là nous avons pu apprécier cette partie de la Patagonie en entier et nous n’aurions voulu en rater aucune miette, à posteriori.

Chaque kilomètre que l’on parcourt, on en est de plus en plus conscients, nous rapproche de la fin de l’aventure. Mais certains symptômes troublants nous font nous dire qu’on voyage à vélo depuis trop longtemps et qu’il est enfin temps de rentrer à la maison :  

Cap sur la Patagonie

 

Le spectacle continue après le passage de la frontière… De retour au Chili, on traverse un plateau montagneux où toute la végétation a été brulée par les cendres de l’éruption du volcan Cordón Caulle en 2011. Partout où l’on regarde, le sol est gris mais la nature commence à renaître et à donner des petites touches de vert à ce tableau bien sombre mais fascinant fait d’arbres nus aux reflets argentés alignés à l’infini et de lagunes aux eaux cristallines.

On zigzague ensuite dans la région des lacs qui nous rappelle souvent les paysages de notre belle Suisse, si ce n’est qu’il y a toujours la pointe blanche d’un volcan à l’horizon pour nous remettre les idées en place ! Le long du lac Rupanco, on a même droit à la vue simultanée de 4 d’entre eux (Puyehue, Puntiagudo, Osorno et Calbuco). Grandiose ! Plus loin, autour du lac Llanquihue, c’est dans un décor de cartes postales que nous longeons les rives, au milieu de villages bicolets où les noms aux consonances germaniques sont légions car c’est ici que nombre d’émigrés allemands se sont installés au milieu du 19ème siècle, dans un effort de colonisation du sud du pays par les autorités chiliennes.